Ils seront 80 jeunes, entre 17 et 23 ans à faire partie de la grande finale à Clairefontaine dans quelques mois, sous les yeux des coaches américains et ainsi toucher du doigt un rêve à leur portée. Celui d’intégrer une Université Américaine, avec une bourse, pour y pratiquer le football et obtenir un diplôme universitaire. L’objectif : se donner les moyens de passer professionnel en Amérique et son ambitieuse MLS. Elias Settouf, ancien joueur de Lyon-Duchère en Régional 1, aujourd’hui à Aubenas (R2) dans l’Ardèche, a participé à la première détection FFFusa du Blanc-Mesnil. Découvrez ses impressions quant à l’expérience, renouvelée le 30 novembre prochain au Stade Trévoux de Craponne (69)


Elias, comment avez-vous entendu parler des détections FFFusa, et pourquoi y avoir participé ?

« J’avais beaucoup entendu parler de ce type opportunités lorsque je jouais en Angleterre. Ces événements sont beaucoup plus développés dans les pays anglo-saxons, pour les jeunes de 18-19 ans qui ont du mal à s’imposer au haut niveau. On leur parle beaucoup de cette nouvelle voie. Je dois dire qu’à l’époque, je n’étais pas plus intéressé que cela. Un ami anglais a tenté l’expérience et est toujours dans une Université Américaine. Ça se passe très bien lui. J’ai été tenté par le challenge. Lorsque j’ai vu la détection FFFusa du Blanc-Mesnil, je n’ai pas hésité »

Comment jugez-vous cette opportunité qui permet d’allier études et football dans une Université Américaine, avec l’ambition ultime de devenir professionnel aux USA ?

« C’est une bonne opportunité ! C’est vrai qu’avant, je voyais l’Europe comme la voie royale. Plus on avance dans l’âge, plus on réfléchit. A 21 ans, j’ai un peu peur de végéter en Europe. Je me dis que je préfère avoir une vie de sportif professionnel à l’étranger plutôt qu’une vie de bon sportif amateur en France. Et puis cela peut servir de passerelle. Une fois que vous rentrez dans le circuit professionnel, vous avez plus d’opportunités »

Selon vous, est-ce plus simple de réussir aux États-Unis qu’en France ?

« Vous avez donné le bon mot. C’est plus simple mais pas facile pour autant. C’est au niveau des structures que cela se joue. Le système français est beaucoup plus difficile. Si vous n’avez pas fait de centre de formation, vous êtes directement catalogué comme un joueur potentiellement inférieur »

Quel ressenti avez-vous eu après avoir entendu les discours des organisateurs de la détection FFFusa et, notamment, celui du responsable du recrutement pour la MLS, Jerome Meary ?

« J’ai apprécié dans un premier temps qu’ils nous parlent de l’aspect sportif, et des sportifs devenus professionnels là-bas. Ils ne nous ont pas vendu du rêve, nous ont fait comprendre qu’il y avait de la concurrence. Si on nous dit que beaucoup vont être pris, qu’il y a juste son petit match à faire… Mais ce n’est pas le cas. Cela ajoute de la valeur au projet, à la détection »

Ressent-on de la pression avant de participer à une détection ? Si oui, comment la gérer au mieux selon vous ?

« Cela dépend des gens. Personnellement, je n’en ressens pas trop car j’ai été habitué à ce genre d’événement. Je pense que le plus important reste de faire abstraction du contexte qui peut nous entourer, ne pas se concentrer sur les caméras qui nous décortiquent, sur le bloc-notes du coach et des recruteurs… Il faut savoir ce qu’on veut vraiment et ne penser qu’au terrain »

Que répondriez-vous à ceux qui hésitent ou ont peur de tenter de leur chance par crainte de ne pas avoir le « niveau » requis ?

« J’encourage tout le monde à tenter sa chance ! Tout est une question de psychologie. Tout ce qu’il faut, c’est être confiant et se concentrer à 200 % sur le terrain. J’ai côtoyé quelques structures professionnelles, et beaucoup de joueurs amateurs rencontrés auraient pu y avoir leur place. Certains ont énormément de qualité, mais ont des profils qui passent à la trappe. Le foot, ce n’est pas comme de l’athlétisme où vous devez réaliser des chronos qui jugent vos performances. Le football, c’est beaucoup de paramètres, certains réussissent là où on ne les attendaient pas pendant que d’autres davantage prédestinés, n’y sont pas arrivés ».

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