Jeunes footballeurs à l’abordage du rêve américain

Les États-Unis, son American Way of Life et sa MLS, c’est ce que sont venus chercher une centaine de jeunes venus de partout en France lors d’une journée de détection organisée par le Centre national du football de Clairefontaine. Ils sont de plus en plus chaque année à envisager un départ vers le continent de tous les possibles. Alors, le soccer, plus un truc de plouc ?

La température est négative ce samedi matin de février, et le vent fait danser la cime des arbres bordant les terrains de Clairefontaine. Pas des conditions optimales pour taper dans la balle donc, mais peu importe, le jeu en vaut la chandelle. Ils sont 90, soit le double de l’an dernier, venant de centres de formation de clubs de Ligue 1, Ligue 2 et même de clubs amateurs, à s’être pointés dans l’habituel camp retranché des Bleus. Paradoxalement, c’est pourtant bien l’Hexagone qu’ils espèrent quitter pour rejoindre les États-Unis et son soccer en pleine expansion. Face à eux, une ribambelle de recruteurs, 25 au total, débarqués directement du pays de l’Oncle Sam avec des accents plus ou moins marqués. Des coachs attentifs, arborant fièrement sur leur veste l’écusson brodé de l’équipe sportive universitaire qu’ils viennent représenter : Delaware, Marshall, HA University, New England Revolution, Portland, toutes présentes pour superviser une génération de jeunes Français biberonnés aux séries US. Le cocktail semble parfait.

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« On est le Barça du championnat universitaire »

La connexion Skype était toute merdique, mais c’est pas grave, les deux jeunes Français partis aux États-Unis sous les couleurs de la Southern New Hampshire University ont réussi à parler du FC Barcelone, de NBA, de draft et du fameux TOEFL. Bienvenue dans le monde du soccer universitaire, suivez les guides Jonathan Lupinelli, 23 ans, et Pierre Omanga, 25 ans.

Comment êtes-vous arrivés à disputer le championnat universitaire américain de soccer ? Quel est votre parcours avant de venir ici ?
Jonathan Lupinelli : J’ai commencé le foot dans un petit club, comme n’importe quel gamin. Après, j’ai été recruté par un bon club par chez moi, à Mont-de-Marsan, où j’ai été repéré à 14 ans par les Girondins de Bordeaux. J’ai intégré leur centre de formation jusqu’à mes 18 ans. Ensuite, je suis parti en Espagne, à la Real Sociedad, où je jouais en équipe de jeunes et en équipe réserve. J’ai pas été conservé à Bordeaux parce que j’étais défenseur central, et physiquement mes formateurs m’ont conseillé de partir en Espagne par rapport à mon profil. Mais en Espagne non plus j’ai pas eu de contrat pro à la fin de la saison. Du coup, je suis revenu en France dans le club que j’avais quitté en allant au centre de formation, le Stade Montois. On avait une bonne petite équipe qu’on a fait monter de CFA2 en CFA. À partir de là, il fallait que j’essaie de trouver quelque chose dans le foot, parce que j’avais arrêté mes études entre-temps. Or la CFA, c’est bien quand tu débutes, mais à 30 ans tu fais quoi ? C’est à ce moment que suis entré en contact avec une agence d’athlètes, qui s’appelle U-Elite, qui est dirigée par deux Français, Jérôme Meary et Edouard Lacroix, et qui a des relations avec le milieu du sport universitaire américain. C’est un pote qui leur a parlé de moi, le contact s’est fait rapidement. Ils m’ont parlé de cette opportunité d’aller jouer dans une université aux États-Unis, d’avoir un diplôme tout en continuant mon rêve professionnel là-bas. Forcément, ça m’a intéressé parce qu’en France, à partir du moment où je jouais juste en CFA, ça devenait compliqué de passer pro. Et si j’abandonnais, niveau scolaire aussi, ça aurait été dur de rebondir et de récupérer le temps perdu. Et puis j’avais envie de connaître cette expérience de vivre aux États-Unis. J’ai donc dit oui, puis l’agence s’est occupée de gérer le côté administratif.

T’as pas eu de concours à passer ni de test ?

Jonathan : Par rapport à mon niveau de foot, l’université était direct intéressée. Le plus compliqué, ça a été le côté académique. Il a fallu que je passe le TOEFL, le test d’anglais prouvant que j’avais le niveau suffisant pour partir étudier aux États-Unis. Là, il a fallu que je bosse énormément sur une courte période pour l’obtenir parce que j’étais pas vraiment bon à la base. J’ai réussi à obtenir une note suffisante et c’était parti. Je suis là depuis un peu plus d’un an maintenant.

 

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